Home » Sénégal » 10 octobre 2011, La mosquée de Djirnda

Le minaret de la mosquée se dresse sûr de lui au milieu du village tel un phare pour les hommes et femmes de Djirnda. Mais de nombreux jeunes ont l’esprit tourné vers une autre lumière, au delà de l’atlantique. Ils rêvent de « survoler la terre noire pour atterrir sur cette terre blanche qui brille de mille feux. [...] là où les mairies payent les ramasseurs de crottes de chiens, là où même ceux qui ne travaillent pas perçoivent un salaire. » (Fatou Diome 2003)

C’est tout le paradoxe de ce voyage. Depuis notre catamaran, nous nous émerveillons de la magie du Saloum et du sourire de ses habitants. Alors que nous percevons aussi parfois leur fascination pour ce luxe qui réveille leur désir d’ailleurs.

« Nous sommes responsables de ce qui s’est passé et devons en prendre notre part. Ma part française est de dire que la France doit aider, en compensation, à donner la liberté aux peuples qu’elle a autrefois conquis en leur fournissant les moyens de la crise économique qui les frappe. Quand je pense à la façon dont on traite l’Afrique, dont on le juge, alors qu’elle a une histoire si ancienne… A propos d’indigné, je me sens, moi un indigné de l’Afrique. »

J.M. Le Clézio (Le Point du 27 octobre 2011)

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